Musique

Superbus : un album qui respire la nostalgie

today31 juillet 2025 39

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Après neuf années sans nouvel album, le groupe Superbus est revenu sur le devant de la scène en 2025 avec OK KO, un album qui veut renouer avec l’énergie juvénile de ses débuts.

Sorti début juillet, dans un contexte musical où la pop-rock française est moins présente qu’au début des années 2000, ce nouvel opus se pose comme une tentative à la fois de renouveau et de fidélité à une formule qui a longtemps fait son succès. Mais cette dualité est-elle tenable sur la longueur d’un album ?

En préambule, le groupe a surfé sur la vague de nostalgie présente actuellement, en sortant deux nouvelles versions de leurs plus gros tubes Lola et Butterlfy. Le groupe a réarrangé ces titres en collaborant respectivement avec le leader du groupe Indochine Nikola Sirkis, Hoshi et enfin Rori. Remis au goût du jour, les titres iconiques de Superbus version 2025 inondent les radios et s’imposent comme des chansons incontournables de l’année, près de vingt-ans après leur première sortie.

 

 

Une efficacité redoutable

Dès les premières secondes, OK KO porte incontestablement la marque de fabrique du groupe entre riffs acérés, rythmes dansants et refrains au combien entêtants. Le groupe mené par Jennifer Ayache demeure fidèle à son style pop-rock calibré, énergique et ludique à souhait. Ce recyclage stylistique peut séduire les fans de la première heure, mais peut laisser un arrière-goût de déjà-entendu chez les oreilles plus exigeantes. Néanmoins, d’un point de vue sonore, OK KO bénéficie d’une production solide et actuelle. Les guitares sont mises en avant. Les nappes électroniques ajoutent une touche contemporaine sans dénaturer l’identité du groupe. Ainsi, l’équilibre entre vrais instruments et production automatisée à l’aide de logiciels informatiques demeure particulièrement appréciable. Tout au long de l’album, on retrouve des thématiques caractéristiques dans les textes du groupe comme l’amour qui s’effrite, les relations complexes de manière générale, le besoin de fuir ou encore le rejet de la norme.

Le morceau « OK KO », qui donne son nom à l’album, joue habilement sur la formule paradoxale du titre : un mélange de combativité et de résignation. Il évoque une génération en crise, entre le besoin d’aller bien et l’acceptation de ne pas l’être. Cette tension, assez bien rendue dans le texte comme dans l’arrangement musical offre une véritable profondeur émotionnelle.


Les titres « La locomotive » ainsi que « Aseptisé » incarnent l’essence de la formule du succès de Superbus, à savoir des paroles simples mais percutantes, un rythme dansant et des refrains redoutablement efficaces. En incorporant tantôt de la brutalité, tantôt de la douceur, Jenifer Ayache et son groupe offre un véritable “chaos organisé” revendiqué par cette dernière.

Toutefois, si l’album propose une efficacité indéniable, il peut parfois sembler manquer de relief et de surprise dans la structure des titres ou bien les mélodies. Le groupe reste dans une zone de confort qui peut finir par lasser certains auditeurs à l’écoute complète de l’album.

OK KO reste un rappel agréable de ce que Superbus sait faire : de la pop-rock efficace et acidulée. Le disque laisse alors une double impression.  Il est, en somme, un album symptomatique d’un groupe à la croisée des chemins, entre fidélité à son image et besoin de se réinventer, qui s’écoute bien volontiers.

À découvrir également sur Spotify.

Écrit par: Sud Essonne